Tendresse
Un, deux rais, la beauté d’un
charme, percent
Baignent ce couple amant qui, dessous s’étreint.
Une brise, un souffle, caressent le quotidien,
Bruisse la haie dans cet instant qui berce.
Tanguent falbalas en tendre paresse
Sous ce toucher velours au parfum désir
Qu’accompagne un chant d’amour en ton soupir
Qui, là ! En douce plainte, l’âme traverse.
Prennent de l’ampleur, les battements du cœur
Dans cette, déjà, peur de perdre ce bonheur
En étranglant aux larmes cette joie étrange.
Maintenant, dans les yeux, reflètent noyés, les cieux
Moment délicieux qui, sur un regard gracieux,
Invite le « Je t’aime » à la fête de l’échange.
REVERIE
A une heure mystérieuse de la nature,
Alors qu’un murmure caressait les cimes des pins
Et que les cigales ventilaient en vain,
Je m’étais assoupi sous les hautes ramures.
Sur mon corps passant, courait la brise,
Du grand large venant me narrer un temps
Où les sirènes, d’un chant aux marins d’antan,
Les envoûtaient en glissant sur les frises.
Ainsi, venant de derrière l’horizon vaporeux,
Caressant les rides émeraudes à l’éclat de feu
M’arrive, bruissant dans les genêts, ton parfum suave.
Oh ! Belle des mille et une nuits, d’un ton charmant,
Conte moi les douceurs de l’Orient, venant
Pour que, de tes noirs yeux, je devienne esclave.
ERRANCE
Les yeux noyés dans les vapeurs d’une immensité,
L’esprit vague laisse, les hauts et les bas
En pointe dague, lacérer ce cœur las
De vieux rêves enchanteurs trop souvent usités.
Pourtant, à l’heure tango, une nocturne envolée
De pensées chaudes, s’éparpille dans la nuit
Comme soufflée en ode triste au temps qui fuit
Jusqu’aux lueurs d’une aube nouvelle, de gris voilée.
Ainsi, aux battements de vies, dans le noir,
Un autrement fait d’envies, laisse croire
A un horizon invitant au voyage.
Et tout l’être vibre, luttant contre les éléments
En buvant, ivre les larmes amères des tourments
Avant que ne s’estompe le mirage.
DESILLUSION
Tu en as vu des temps depuis que tu voyages.
Toujours sur les flots, parfois accostant,
Tu files bien malgré toi vers le couchant
En t’émerveillant sur certains paysages.
Les tempêtes et dépressions tu braves, sage.
Bien sûr, tu peux d’autres routes choisir,
Te frayer un chemin selon tes désirs
Mais non ! Tu préfères tumultes et orages.
Il a fallu qu’au soir, là ! Sous la voûte astrale
Tu te laisses distraire par une aurore boréale
Et te voilà échoué, perdu au milieu de nulle part.
Le lumineux phénomène, lentement s’évapore.
Une chaleur en souvenir, te chauffe encore
Avant que la froide nuit ne t'assaille de toutes parts.
VAGUE
Au large, de ta belle allure ondulante,
Toujours séduisante, tu régales nos yeux.
Certains s’y perdent et chavirent, malheureux.
Ceci, suivant ton amplitude insolente.
Et tu avances vers la cote dormante
En montrant tes cotillons aux curieux
Qui cherchent ces moments délicieux
Dans ta courbe caressante.
Tu passes, nonchalante, dans les rêves bleus
De ce voyageur que tu berces sur des lieues
Il est si bien, qu’avec le sourire, il dort.
Pourtant, si contre ton gré, des coups de vents vicieux
Te remontent les jupons, tendancieux,
Tu écumes et le rêveur passe par-dessus bord.
AU CREUX
DE LA VAGUE
Un jour sans, tu regardes vers ton enfance
Pour, un instant, revoir ce qu’était le bonheur
Cela juste pour tromper ce temps conteur
Semeur d’espérances et de souffrances.
Ils sont loin, ces moments d’insouciance,
Remplis de joies. Plus tard, ce fut le plein émoi,
Débuts où, les yeux dans les yeux, c’était toi et moi,
Unis sans l’être, dans une mutuelle confiance.
Parti, comme dans la brume, un bateau sur la mer,
Le souvenir mélange le sucré et l’amer
Et tu restes là, immergé dans la mélancolie.
Perdu entre un hier et un aujourd’hui, las,
Tu ressasses, sans relâche, un temps qui, hélas
Lentement, au fond de ta mémoire, se replie
CHARME D’UN INSTANT
Regarde les, ces deux là. Le cœur avide,
Des lèvres, ils se caressent, sous nos yeux.
Tu vois ! Certains regards trahissent des envieux
Alors que d’autres se perdent dans leur vide.
Ne troublons pas le charme de cet instant candide,
Gentiment, laissons le s’écouler, gracieux
Sous la protection de ces insondables cieux.
Existe-il un moment plus splendide ?
Regarde les. Ce qu’ils peuvent être beaux.
Dans leur étreinte, ils se cajolent, berceau
Sous leur soleil qui, maintenant, les émerveille.
Vois ! Ils sont là, coupés du monde, balançant
Au rythme de leurs sentiments aimants
Entraînés par une émotion sans pareille.
SOLEIL
A nouveau le ciel tire sa mine grise
Et ton humeur, aussitôt, prend cette couleur.
Tes gestes, par dépit, deviennent lenteur,
Cruellement, le temps exerce son emprise.
Dans l’anthracite, la tristesse est de mise.
Debout sur le trottoir, tu laisses la froideur
Te remplir jusqu’à déborder des yeux. Douleur
Qui envahit ton âme incomprise.
En toi, tu sens monter un anéantissement
Avant que tout reprenne par enchantement
Sur un bruit, une mesure talons qui s’amplifie.
Tu lèves la tête, droit sur toi, elle vient.
Sous un parapluie bleu, un soleil, le tien.
Beau temps dans ton cœur, dans ta vie.
COUR
Au même endroit, à la même heure,
Geste brusque de la tête. Ainsi toujours,
Pour une mèche rebelle, un de vos tours
Avec grâce vous exécutez, belle fleur.
Puis vous étalez votre chevelure splendeur
Avant de me regarder, sans gêne, sans détour.
Dieu ! Que j’aime ce moment qui, chaque jour,
A cet endroit, cette heure, fait mon bonheur.
Et arrive la rame qui vous efface.
Quand je réalise que vous n’êtes plus en face,
A ma vie, sans vous, je ne peux y croire.
Alors je me dis que cet instant fugace
Mérite plus que le temps de vous apercevoir.
Il faut, belle fleur, qu’amour se fasse.
MATIN CALIN
Tu ouvres les yeux dans les plis blancs de ton jardin.
A tes cotés repose la fleur velours, une rose.
Amoureuse, ta main, sur un pétale se pose
Et glisse sur la rosée, le geste taquin.
La belle frémit, gémit, le regard câlin
Alors, sur son front, un baiser tu déposes.
Ses lèvres effleurent ton cou, tu es tout chose
Dans le prolongement de cette nuit satin.
Tu baisses les paupières pour plus de sensations.
Dans ce rêve éveillé en évolution,
Lentement la houle du désir te submerge.
Sur toi elle va, vient, rythme passion
Tu te laisses aller en totale soumission
Avant l’éblouissement duquel tu émerges.
OCEAN
Tu l’entends, ce soir, tranquille il respire.
Il vient pour toi, sur toi, il monte lentement
T'enveloppe d’un merveilleux glissement
Caresse ton grain blond qui l’attire.
Il te submerge. Tu ne peux plus décrire
Les sensations. Elles t’envahissent, doucement,
Au contact de son corps si fort en t’épousant
Il te veut, il te prend, soumise, il faut le dire.
Tu restes ainsi, à sa merci, toute la nuit,
Tu gardes en toi son meilleur, enfui
Avant qu’à l’aube, fatigué, il se retire.
Toute la journée, tu te prélasseras,
Sachant qu’au soir, bien sûr, il reviendra.
Et tu attends, parce que tu le désires.
BATEAU
Il est là, gentiment, au quai amarré.
Au rythme des marées, montant, descendant,
Il rêvasse aux beaux voyages d’antan
Qui l’emmenaient vers de mystérieuses contrées.
Balançant au gré des souvenirs délavés,
Il rompt, sans savoir, les amarres, un jour couchant
Et sort du port, mû par une brise, soufflant
Sur son passé, par habitude, ressassé.
Guidé par la nommée, Etoile du Berger,
Il laisse les vents favorables, l’emporter
Vers ces nouveaux rivages tant rêvés.
Le voilà, sur ces eaux complices, voguant,
Plongeant dans ce corps sans cesse, mouvant
Allant toujours plus loin dans la nuit étoilée.