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Lundi 17 septembre 2007 1 17 /09 /Sep /2007 22:17

 

REVE  BLEU

 

De son allant sublime, tangue la caravelle.

Dans les eaux dociles des songes vaporeux,

En maux subtils se lit un mensonge audacieux

Collant intime à cette vision irréelle.

 

S’imposent ainsi des images féeriques

Sur cet horizon aux flots tumultueux

Dont les embruns de la déraison aveuglent l’envieux

Qui s’expose peu sage aux vagues fantasmatiques

 

Voguent silencieux dans cet insondable parcours

Ces rêves impalpables au long cours

Dans lesquels le conscient divague et s’imagine.

 

Alors, en calme plat ou dans les hauts et les bas

S’essouffle une poursuite et de guerre las

Se perdent aux aurores les pensées libertines.

 

 

 

 

 

 

Par A.Legrand
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Dimanche 16 septembre 2007 7 16 /09 /Sep /2007 11:12

ILLUSION

 

Quand transit par un crachin d’amertume, il porta son regard plus loin que le pavé glissant de l’impasse de sa solitude, il entendit soudain, à travers les brumes de ses lamentations, des envolées de sons qui, au hasard des obstacles et recoins, passaient en ricochets par-dessus sa lassitude.

A la faible lueur de ses pensées, il remonta vers cette source inconnue en se blessant malgré lui sur les écueils et autres pièges disséminés sur ce long chemin d’incertitudes.

Arrivé au fond de la voie sans issue, l’esprit rivé sur une dernière négation, il déchira le tissu des hésitations et poussa les battants. La seconde suivante, un tourbillon d’envies l’entraîna dans sa folie. Vaincu il se laissa aller au gré de l’amplitude.

Tantôt nageant, tantôt presque suffocant ou laminé par les vagues successives l’emportant, il cherchait de l’aide sans le savoir. Et tournait la farandole à sa détresse sourde et défilaient les corps aux gestes pantins, les yeux des jours heureux…Une fois, deux autres fois repassa un même regard. D’instinct il s’y accrocha, se refusa à changer d’attitude.

Maintenant, deux pensées se rejoignent dans un sauvetage mutuel, chacune exhortant l’autre à faire attention aux vices de cette indomptable assise mouvante qui, là ! Tente de tromper par sa platitude.

Passe le temps dans les flots toujours changeants. Les pièges mille fois déjoués sont finalement pris à la légère et dans ce relâchement font naufrage les habitudes.

 

 

 

 

Par A.Legrand - Publié dans : Prose poétique
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Dimanche 16 septembre 2007 7 16 /09 /Sep /2007 11:09

LANGUEUR  OCEANE

 

A l’heure solitaire, sous un voile démon

Danse conquise la brise marine.

En mouvance exquise la frise maligne

Tout de langueur erre sur la toile de fond.

 

.Se lèvent les blanches dentelles et les jupons

C’est l’invite à un possible échange

Alors monte vite une marée étrange

Qui sur la grève s’épanche en aquarelle de tons.

 

Murmures dans la mollesse des caresses

D’une nature soumise aux ivresses

Des éléments qui l’animent tendrement.

 

Et s’ourle l’amplitude d’une délicatesse

Cherchant sans craintes la plage maîtresse

Pour s’y répandre comme un rêve enivrant.

 

 

Par A.Legrand
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Samedi 15 septembre 2007 6 15 /09 /Sep /2007 11:01

ALBATROS

 

Bel oiseau dans l’azur, fort de ton envergure,

A tes heures d’aises, quoiqu’il en déplaise,

De ton œil braise, au dessus de la falaise,

Tu observes l’augure et te perds en conjonctures.

 

L’océan jure pendant que l’écume parjure.

Sous une brise niaise chantant des fadaises,

A l’instant qui pèse te monte un malaise

Que tu endures quelque soit la blessure.

 

Alors tu planes tranquille dans les cieux d’antan

Et tu glanes au fil de cet autre temps

L’image d’un miroir auquel tu pouvais croire

 

Mais en te posant sur le récif de l’instant,

Tu surprends ton âme aux antipodes du moment

Aussitôt, dans les nues tu repars sans gloire.

Par A.Legrand
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Vendredi 14 septembre 2007 5 14 /09 /Sep /2007 11:11

TICKET  POUR  L’ENFER

 

Au crépuscule, un étrange silence s’installa dans le ghetto et alors que, lentement, venait ramper la nuit, quelques lampadaires ayant échappé aux actes de vandalisme commençaient à chauffer leurs ampoules à mercure pour faire barrage à l’ombre maintenant envahissante.

Sursaut. Un couvercle de poubelle tomba quelque part dans une ruelle de traverse et roula un instant son bruit de tôle avant de se taire. Deux chats s’invectivaient dans leur langage et sans doute s’arrachaient le poil pour…non ! Ce n’était pas la saison alors, probablement, pour quelques restes jetés là par des locataires invisibles. A l’heure propice, des grilles d’égouts sortirent les rats pour se faufiler dans les bâtiments silencieux en quête de nourriture.

L’écho d’une quinte de toux déchira ce faux calme et s’échappa par  l’entrée béante d’une bâtisse croulante. Sur ce, un sinistre grincement métallique et un verrouillage faisant songer à une geôle vinrent en cascades mourir sur le trottoir. La seconde suivante, s’égrena, en cadence régulière, un martèlement de talons qui s’approchait, s’approchait encore et elle apparût.

Princesse qu’on l’appelait affectueusement ou par crainte dans les environs. Il ne fallait certes pas grand-chose pour sortir du lot mais là, on pouvait sans exagérer la sacrer reine tant elle éblouissait Juste un petit reproche, qu’on gardait pour soi…elle mettait trop en valeur ses atouts féminins. Un miracle reconnaissait-on qu’elle ne se soit jamais fait agresser dans cette cour de gueux.

Pour expliquer sa chance fantastique d’être encore saine et sauve, certains racontaient qu’elle était sous la protection d’un souteneur qui avait à son palmarès plusieurs cadavres. D’autres la prenaient pour une « sainte » protégée par le tout puissant tant il était vrai qu’elle aidait toujours les habitants du ghetto pour peu qu’on lui le demandait. Enfin les derniers, la craignaient car il paraissait qu’elle avait un molosse dans son appartement et qu’elle n’hésiterait pas à le dresser contre celui qui oserait attenter à sa personne. Cette dernière hypothèse semblait peu probable aux yeux de tous ceux qui connaissaient Princesse, mais à l’unanimité ils admettaient l’existence de la bête. On avait déjà entendu des grognements pour le moins bizarre sinon effrayants racontait-on à voix basse.

Dans toutes ces médisances, un petit malin, penseur à ses heures, fit un recoupement entre les dires et trouva que sainte, souteneur et molosse (vu en tant que cerbère) n’était rien d’autre qu’une exagération de mauvaises langues qui oscillaient entre le bien et le mal et conclut que Princesse menait tout ce monde hypocrite en bateau avec une bonne sono à travers laquelle elle envoyait ses rugissements préenregistrés pour assurer ses arrières. Finalement, dans une phase d’envies soudaines, il précisa que, ses arrières à elle, il les visiterait bien mais jamais il n’eut le courage de tenter l’expérience.

Depuis, comme tous les soirs, Princesse prenait le bus pour se rendre en ville ou ailleurs, c’était le cadet des soucis de cette faune bavant à sa vue…sans plus.

Au même moment, après s’être lissé une dernière fois les cheveux en se contemplant dans le miroir, un individu au regard fauve, amateur de chair fraîche, quitta sa chambre. Il s’imaginait être un de ces Casanova à qui tout devait réussir, ceci sur un certain plan puis, d’humeur changeante, sur un dernier coup de dents au sandwich qu’il consommait, il se voyait déchirant avec plaisir une vedette de cinéma qui le hantait depuis qu’il l’eut vu à l’écran. Il en était possédé à un tel point qu’il jeta son dévolu sur une certaine catégorie de femmes à saigner. En somme, un dangereux psychopathe errait  dans la jungle urbaine.

Il y avait une chance ou malchance sur deux millions dans cette ville pour que Princesse réponde aux critères du désaxé autant également qu’elle le croise pourtant, lorsqu’elle s’engagea dans cette ruelle sordide, il sortit de l’ombre et la suivit en humant son parfum comme une bête tout en fixant sa croupe qu’elle rendait provocante en chaloupant.

Ainsi, derrière elle, pour la nième fois il vendait son âme au diable en salivant sur un acte consentant, un viol ou pour l’étrangler séance tenante juste pour la voir gigoter dans les derniers sursauts de la vie. Oui ! L’étrangler avec cette longue écharpe blanche à laquelle il se cramponnait comme pour tenir un équilibre suite aux vertiges qui de temps à autre l’assaillaient à l’évocation.

Princesse s’arrêta brusquement face à une enseigne puis regarda dans la lumière blafarde des réverbères derrière elle avant de pénétrer dans la taverne. Un bouge serait plus juste.

Dans un instant comme suspendu, elle traversa la salle sous un scannage croisé de ces paires d’yeux qui l’envisageaient sous toutes les coutures. L’envie collective était si forte que les bouches s’entre ouvrirent inconsciemment même que le mégot accroché aux lèvres du barman en tomba et quand elle s’installa sur le haut siège au bout du bar elle s’arrangea pour, sur un temps flash, montrer sa petite culotte. Monta alors une dangereuse rumeur rauque dans l’arène

A la seconde critique d’une curée certaine, s’ouvrit une nouvelle fois la porte d’entrée dans un tintement ridicule de clochettes. Dans l’instant surprise tous les yeux croisèrent le regard fauve.

Quelques ardeurs se refroidirent aussitôt et toutes les bouches se refermèrent. Lentement, sur un air de dépit envers l’assistance, l’inquiétant personnage se dirigea vers le bar où il s’installa, commanda une boisson et surveilla ses arrières dans le miroir d’une propreté douteuse qui lui faisait face.

A un moment de hasard il jeta un œil désintéressé sur sa …proie puis, dans un temps interlude, il s’occupa à faire tourner nonchalamment un glaçon dans son verre en observant ou plutôt en admirant son reflet.

Princesse profita du rétablissement de ce calme précaire pour, dans un mouvement quarante huit images par seconde, redonner à voir. Les fantasmes atteignirent aussitôt le seuil d’alerte. Une onde sonore emplit la salle et dans la fumée à couper au couteau, se levèrent les premiers téméraires.

Bousculades, mots acides, bruits de chaises renversées sortirent l’homme du bar de ses rêveries ou cauchemars. Il posa sans empressement le verre tout en surveillant ses arrières puis jeta un regard sur Princesse qui, effrontément, le fixait. Il interpréta cela comme un « Alors ! Et maintenant » auquel il répondit mentalement « J’aime les défis sanglants et je t’aurais…salope ! ».

Sur un râle de satisfaction il s’interposa entre les prétendants et elle. Deux, trois mots tout au plus, un éclair de rasoir ouvert plus vite qu’un clignement de paupières, un regard glacial embrassant l’assemblée et tout entra dans son ordre des choses.

Quelques prises de becs encore entre les piètres coqs et on les oublia royalement ou à contre cœur. Le gagnant rangea son arme blanche, réajusta sa veste de parade et s’approcha de sa proie pour la rassurer, lui offrant un verre à l’occasion. Elle semblait être toute chose suite aux évènements avortés par cet audacieux personnage.

Durant ce temps il l’imaginait chatte en chaleur juste pour fantasmer sur des plaisirs desquels il ne se privera pas puis il pensa à un jeu chat et souris ou il se permettra de la lacérer de coups de rasoir comme autant de griffures. A l’évocation un nouveau vertige le rendit plus entreprenant. Sa main passa sous la courte jupe. Ses doigts tentaculaires vainquirent une barrière élastique pour le moins, conciliante et quand s’écartèrent les jambes, il pressa la main contre cette moiteur tant convoitée. Il entendit une plainte de fausse vierge avant que Princesse ne renverse son cou en signe de reddition.

Dans un éclair de lucidité, l’homme tendit l’oreille, scruta la salle en plissant ses yeux de carnassier. On les observait, on bavait, il se devait d’entraîner sa victime ailleurs pour « parachever son œuvre » pensa t-il en léchant sa main qu’il venait de retirer de l’intime. Il avait à présent le goût et l’odeur femelle, il ira jusqu’au bout de son appétit sanguinaire.

D’un accord tacite, ils se levèrent et quittèrent cet endroit infâme, cette antichambre de purgatoire pour se confondre avec la nuit. Princesse semblait avoir pris les destins à son compte en se serrant contre ce parfait inconnu puis en l’invitant chez elle. C’était plus qu’il n’espérait. Il pourra donner libre cours à ses instincts songea t-il en triturant son rasoir au cas où…

Son chez elle il ne le regarda même pas tant il était étourdi par les formes que judicieusement elle mettait à nu. Sans était trop. Balayant tous les préliminaires il se jeta sur sa proie qu’il posséda sous tous les angles au gré de ses envies passantes et ce n’était plus que gémissements, cris rauques jusqu’à ce qu’il s’en sépara pour reprendre son souffle et qu’il vit sa veste…pensa au rasoir.

Il esquissa un geste avec l’idée d’ouvrir un autre bal. Elle se jeta sur lui et d’un coup puissant de mâchoires lui sectionna la carotide. Ce n’était plus que gargouillis allant diminuant au milieu de jets de sang et de grognements sauvages. Sur un dernier soubresaut il venait de vendre son âme au diable et l’on entendit la bête hurler à la mort.

                                                                                           FIN 

 

 

 

 

Par A.Legrand
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Jeudi 13 septembre 2007 4 13 /09 /Sep /2007 23:51

RENDEZ  VOUS

 

Assis dans un fauteuil du salon, il attendait. Tapotant les accoudoirs des doigts, il surveillait les deux pendules suisse suspendues côte à côte contre le mur d’en face. Et dans le silence écrasant les tempos martelaient une anxiété.

Dix huit heures trente. Il rida son front sur une incompréhension. Il y eut un bruit mécanique suivi d’un autre identique et deux coucous, simultanément, sortirent d’un volet pour le narguer, le réveiller ou le libérer.

L’instant suivant il se leva prestement, se dirigea vers la sortie en éteignant les lumières derrière lui. Méthodiquement il verrouilla à double tour la porte de l’appartement puis, soudain s’immobilisa et tendit l’oreille au bruit se rapprochant de l’ascenseur. Non ! Fausse alerte, l’engin poursuivit sa course, apparemment descendante.

Rassuré il se racla la gorge, s’assura en touchant les poches du plat des mains qu’il n’avait rien oublié, tira les manches et les pans de sa veste et s’en alla en préférant prendre les escaliers.

Deux étages plus tard il traversa le hall où se croisaient  tous les échos de l’immeuble et s’en fut d’un pas résolu.

Après vingt minutes de marche à la cadence d’un métronome, il poussa le portillon du jardinet latéral de la petite gare de province, longea le mur de grès qu’il caressa en passant à un certain endroit, bifurqua à droite, leva les yeux vers l’horloge pour se situer dans le temps tout en lançant un bonsoir laconique au guichetier qui était censé être dans ce bureau, là ! Derrière cette façade de verre qu’il ne regarda même pas.

Il était dix huit heures cinquante cinq. Il y avait un hic. A cheval sur le temps il ne put se résoudre à accepter une perte de cinq minutes pour fermer la porte, écouter l’ascenseur et dévaler les deux étages. Non ! C’était trop.

Il consulta sa montre bracelet, dix huit heures cinquante trois. Le constat était acceptable mais voilà, à sa montre il ne faisait plus confiance depuis…

Il oublia volontairement les causes de cette méfiance en se disant qu’il devra tirer cette différence au clair. Ces deux minutes étaient très importantes à ses yeux. Il fera le point à l’arrivée du dix neuf heures trois car, à l’arrivée de ce train, il sera dix neuf heures trois autre chose était inconcevable. Le trafic du réseau ferré ne pouvait pas se permettre des approximations. Question de sécurité pensa t-il avant de s’exclamer, sécurité ! En s’installant sur le banc faisant face aux voies.

Il toisa l’horloge comme s’il cherchait à la surprendre en flagrant délit de vol des temps.

Dix huit heures cinquante huit. Il consulta sa montre une seconde fois. Dix huit heures cinquante six ! Lança t-il d’une voix étonnée avant de pouffer sans raison apparentes et prendre ses aises en déployant ses bras sur le dos du banc.

Un mouvement de la tête à droite, un autre à gauche, pas âme qui vive. Alors sur ce quai désert, il tuait le temps en comptant les néons qui, accrochés en file indienne sous le préau, éclairaient l’endroit.

Toi, là bas, sors de l’ombre ! Cria t-il subitement au crépuscule s’approchant du couloir de lumière. Rien ne se passa mais ! Il l’avait à l’œil pensa t-il avant de poser son regard inquiet sur l’horloge.

La grande aiguille venait juste de faire un saut sur la deuxième minute. Il était dix neuf heures deux. Sur le banc il serra les jambes l’une contre l’autre, posa ses mains sur les genoux et commença un curieux balancement d’avant en arrière du corps.

Dix secondes tout au plus, une éternité pour lui avant qu’il ne se fige à la perception d’une sonnerie discontinue. Le train s’approchait de la gare.

Il fixait toujours l’horloge et à dix neuf heures trois, entendant le cognement rassurant des wagons s’entrechoquant, il reporta son regard vers la voie. Silence abîme.

Une voiture silencieuse l’observa de son œil compartiment sans aucunes réactions. Personne ne monta, personne ne descendit et dans ce mystère, de l’avant arriva un long cri aigu.

C’était le signal désolé du départ. Nouveau vacarme et lentement défilèrent les yeux vides. Un second cri, il ne restait plus que les fanaux rouges qui, dans le noir, signalaient une déception.

Il attendra le vingt heures treize avait-il décidé. Elle avait eu, sans doute, un empêchement de dernière minute, toujours un problème de temps.

Sur sa déduction il reprit ses aises et attendit calmement.

A dix neuf heures trente sept dans un long cri à faire frémir, sortit de la nuit un trait de lumière qui passa devant lui dans un train d’enfer et alors que là bas, vers l’avant mourut une plainte, il regardait virevolter un papier cellophane animé sans doute par les dernières turbulences.

La nuit avait fini par dresser son camp à la limite de la lumière qui, dans une ultime bataille préserva l’essentiel avec son artificiel et dans cet espace en otage dansait funèbre le silence d’une absence.

Au rythme machiavélique des non dits maudits succéda un temps mort avec lequel, maintenant, il fait corps et sur cet air de défaite, il sortit d’une poche une série de clichés photomatons qui lui souriaient dans l’empressement des flashs.

Les digues de l’endurance cédèrent à la pression de la souffrance et dans le tumulte sauvage d’un moment nécrophage, il laissa les sanglots déferler sur le paysage de ses maux.

«  Il traversait tranquillement le petit hall de cette gare et sortit sur le quai au moment où le dix neuf heures trois démarrait. Des yeux il fouilla les environs, non ! Son épouse n’était pas encore arrivée, il l’aurait croisée dans le hall, en deux minutes elle ne pouvait pas être plus loin. Un imprévu de dernière minute avait-il pensé alors en s’installant sur ce banc avec la ferme intention d’attendre le vingt heures treize. »

Il ne s’imaginait pas qu’elle était sortie par le jardinet et surtout, il ne savait pas que là bas, sans défenses elle fut sauvagement agressée et rendit l’âme en silence adossée au mur de grès pendant que lui, à cent cinquante mètres environ, sous un autre angle, attendait…c’était il y a cinq ans.

Il se refusa à suivre l’avancée vicieuse des maux et leur montée. Il n’attendra pas le vingt heures treize, c’est inutile. D’ailleurs, tout comme le dix neuf heures trois, il a été supprimé. Seul passage dans ce créneau de temps, un train à grande vitesse qui d’un long cri rappelle qu’il était une fois un drame.

Il ferma son livre de la mémoire dans un claquement de talons. Un dernier coup d’œil à la lumière avant de se laisser absorber par la nuit damnation et, du coté du mur de grès, on entendit une détonation.

Fin

 

Par A.Legrand
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Jeudi 13 septembre 2007 4 13 /09 /Sep /2007 10:10

 


LES AMANTS

 

Dans cette nuit, maintenant, des plus câlines,

Blottis, l’un contre l’autre, ainsi s’aimant,

Ils murmurent en se caressant, les amants

Coupés du monde et de sa vie mesquine.

 

Grisée par son enlèvement de Sabine,

Elle ne finit pas de languir sur ce bonheur

D’être ainsi désirée, prise comme fleur

Par cette ombre qui, du doigt, la dessine.

 

Effleurements par les lèvres et par les mains,

Montent ainsi ces vertiges sans lendemains

Auxquels ils se donnent, sans réserves, aucunes.

 

Vient le moment où les sens perdent le chemin,

Où l’acte se consume, tel un parchemin

Où le désir brûle, embrase la dune.

 

 

 

 


RENCONTRE

 


A nouveau, elle regarde le paysage.

Défile ! Défile ! Le triste désarroi

Et tu soupires, soupires par trop d’émoi

Pour cette fille qui, toujours, reste sage.

 

Vint ce temps où, comme dans un beau mirage,

Par hasard, vos regards se croisent. Elle te voit.

Ton cœur, en cela, immédiatement y croit.

Alors, en secret, tu graves son image.

 

Depuis, tu espères qu’il viendra ce jour

Où le destin te permettra, sans détour,

De rencontrer cette âme, ton idole.

 

Arriva, enfin ! Ce moment des plus heureux

Où vous parliez, en vous regardant, amoureux

Pendant que vos cœurs dansaient en farandole

 

 

 

 

A une vestale

 

D’un cerisier, une blanche pluie de pétales,

 Une rose à peine éclose dans un massif,

 Une prose, en souffle ose un temps actif

 Et c’est la danse revanche d’une vestale.

 

 Au soleil levant, un jardin mystère,

 Une corolle sang  pleure dans ses plis

 Aux paroles d’un amant au cœur conquis,

 Et se sont soupirs sur le chemin d’un trouvère.

 

 Dans la chaude nuit, de farandoles en frissons,

 S’animent les corps dans un rythme diapason

 S’unissant, à la recherche d’un même vertige.

 

 Vide cosmique dans l’espace des frémissements

 Course vers les étoiles, voyage hors du temps

 Et soudain, l’extase, l’instant où tout se fige.

 

 

 

Par A.Legrand
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Mercredi 12 septembre 2007 3 12 /09 /Sep /2007 22:16

 

 

 

 

Tendresse

 


Un, deux rais, la beauté d’un charme, percent

 Baignent ce couple amant qui, dessous s’étreint.

 Une brise, un souffle, caressent le quotidien,

 Bruisse la haie dans cet instant qui berce.

 

 Tanguent falbalas en tendre paresse

 Sous ce toucher velours au parfum désir

 Qu’accompagne un chant d’amour en ton soupir

 Qui, là ! En douce plainte, l’âme traverse.

 

 Prennent de l’ampleur, les battements du cœur

 Dans cette, déjà, peur de perdre ce bonheur

 En étranglant aux larmes cette joie étrange.

 

 Maintenant, dans les yeux, reflètent noyés, les cieux 

Moment délicieux qui, sur un regard gracieux,

 Invite le « Je t’aime » à la fête de l’échange.

 

 

 REVERIE

 

A une heure mystérieuse de la nature,

 Alors qu’un murmure caressait les cimes des pins

 Et que les cigales ventilaient en vain,

 Je m’étais assoupi sous les hautes ramures.

 

 Sur mon corps passant, courait la brise,

Du grand large venant me narrer un temps

 Où les sirènes, d’un chant aux marins d’antan,

 Les envoûtaient en glissant sur les frises.

 

 Ainsi, venant de derrière l’horizon vaporeux,

 Caressant les rides émeraudes à l’éclat de feu

 M’arrive, bruissant dans les genêts, ton parfum suave.

 

 Oh ! Belle des mille et une nuits, d’un ton charmant,

 Conte moi les douceurs de l’Orient, venant

 Pour que, de tes noirs yeux, je devienne esclave.

 

 

 ERRANCE

 

Les yeux noyés dans les vapeurs d’une immensité,

 L’esprit vague laisse, les hauts et les bas

 En pointe dague, lacérer ce cœur las

 De vieux rêves enchanteurs trop souvent usités.

 

 Pourtant, à l’heure tango, une nocturne envolée

 De pensées chaudes, s’éparpille dans la nuit

 Comme soufflée en ode triste au temps qui fuit

 Jusqu’aux lueurs d’une aube nouvelle, de gris voilée.

 

 Ainsi, aux battements de vies, dans le noir,

 Un autrement fait d’envies, laisse croire

 A un horizon invitant au voyage.

 

 Et tout l’être vibre, luttant contre les éléments

 En buvant, ivre les larmes amères des tourments

 Avant que ne s’estompe le mirage.

 


DESILLUSION

 

 
Tu en as vu des temps depuis que tu voyages.

 Toujours sur les flots, parfois accostant,

 Tu files bien malgré toi vers le couchant

 En t’émerveillant sur certains paysages.

 

 Les tempêtes et dépressions tu braves, sage.

 Bien sûr, tu peux d’autres routes choisir,

 Te frayer un chemin selon tes désirs

 Mais non ! Tu préfères tumultes et orages.

 

 Il a fallu qu’au soir, là ! Sous la voûte astrale

 Tu te laisses distraire par une aurore boréale

 Et te voilà échoué, perdu au milieu de nulle part.

 

 Le lumineux phénomène, lentement s’évapore.

 Une chaleur en souvenir, te chauffe encore
Avant que la froide nuit ne t'assaille de toutes parts.

 

 

 


VAGUE

 

Au large, de ta belle allure ondulante,

 Toujours séduisante, tu régales nos yeux.

 Certains s’y perdent et chavirent, malheureux.

 Ceci, suivant ton amplitude insolente.

 

 Et tu avances vers la cote dormante

 En montrant tes cotillons aux curieux

 Qui cherchent ces moments délicieux

 Dans ta courbe caressante.

 

 Tu passes, nonchalante, dans les rêves bleus

 De ce voyageur que tu  berces sur des lieues

 Il est si bien, qu’avec le sourire, il dort.

 

 Pourtant, si contre ton gré, des coups de vents vicieux

 Te remontent les jupons, tendancieux,

 Tu écumes et le rêveur passe par-dessus bord.

 

 

 AU CREUX DE LA VAGUE

 
  Un jour sans, tu regardes vers ton enfance

Pour, un instant, revoir ce qu’était le bonheur

Cela juste pour tromper ce temps conteur

Semeur d’espérances et de souffrances.

 

Ils sont loin, ces moments d’insouciance,

Remplis de joies. Plus tard, ce fut le plein émoi,

Débuts où, les yeux dans les yeux, c’était toi et moi,

Unis sans l’être, dans une mutuelle confiance.

 

Parti, comme dans la brume, un bateau sur la mer,

Le souvenir mélange le sucré et l’amer

Et tu restes là, immergé dans la mélancolie.

 

Perdu entre un hier et un aujourd’hui, las,

Tu ressasses, sans relâche, un temps qui, hélas

Lentement, au fond de ta mémoire, se replie

 

 

 


CHARME D’UN INSTANT

 

 

Regarde les, ces deux là. Le cœur avide,

 Des lèvres, ils se caressent, sous nos yeux.

 Tu vois ! Certains regards trahissent des envieux

 Alors que d’autres se perdent dans leur vide.

 

 Ne troublons pas le charme de cet instant candide,

 Gentiment, laissons le s’écouler, gracieux

 Sous la protection de ces insondables cieux.

 Existe-il un moment plus splendide ?

 

 Regarde les. Ce qu’ils peuvent être beaux.

 Dans leur étreinte, ils se cajolent, berceau

 Sous leur soleil qui, maintenant, les émerveille.

 

 Vois ! Ils sont là, coupés du monde, balançant

 Au rythme de leurs sentiments aimants

 Entraînés par une émotion sans pareille.

 

 

 


SOLEIL

 

 

A nouveau le ciel tire sa mine grise

 Et ton humeur, aussitôt, prend cette couleur.

 Tes gestes, par dépit, deviennent lenteur,

 Cruellement, le temps exerce son emprise.

 

 Dans l’anthracite, la tristesse est de mise.

 Debout sur le trottoir, tu laisses la froideur

 Te remplir jusqu’à déborder des yeux. Douleur

 Qui envahit ton âme incomprise.

 

 En toi, tu sens monter un anéantissement

 Avant que tout reprenne par enchantement

 Sur un bruit, une mesure talons qui s’amplifie.

 

 Tu lèves la tête, droit sur toi, elle vient.

 Sous un parapluie bleu, un soleil, le tien.

 Beau temps dans ton cœur, dans ta vie.

 

 

 

 

COUR

 

 

Au même endroit, à la même heure,

 Geste brusque de la tête. Ainsi toujours,

 Pour une mèche rebelle, un de vos tours

 Avec grâce vous exécutez, belle fleur.

 

 Puis vous étalez votre chevelure splendeur

 Avant de me regarder, sans gêne, sans détour.

 Dieu ! Que j’aime ce moment qui, chaque jour,

 A cet endroit, cette heure, fait mon bonheur.

 

 Et arrive la rame qui vous efface.

 Quand je réalise que vous n’êtes plus en face,

 A ma vie, sans vous, je ne peux y croire.

 

 Alors je me dis que cet instant fugace

 Mérite plus que le temps de vous apercevoir.

 Il faut, belle fleur, qu’amour se fasse.

 

 

 


MATIN CALIN

 



 Tu ouvres les yeux dans les plis blancs de ton jardin.

 A tes cotés repose la fleur velours, une rose.

 Amoureuse, ta main, sur un pétale se pose

 Et glisse sur la rosée, le geste taquin.

 

 La belle frémit, gémit, le regard câlin

 Alors, sur son front, un baiser tu déposes.

 Ses lèvres effleurent ton cou, tu es tout chose

 Dans le prolongement de cette nuit satin.

 

 Tu baisses les paupières pour plus de sensations.

 Dans ce rêve éveillé en évolution,

 Lentement la houle du désir te submerge.

 

 Sur toi elle va, vient, rythme passion

 Tu te laisses aller en totale soumission

 Avant l’éblouissement duquel tu émerges.

 

 

 

 

 OCEAN

 

 

 Tu l’entends, ce soir, tranquille il respire.

 Il vient pour toi, sur toi, il monte lentement

 T'enveloppe d’un merveilleux glissement

 Caresse ton grain blond qui l’attire.

 

 Il te submerge. Tu ne peux plus décrire

 Les sensations. Elles t’envahissent, doucement,

 Au contact de son corps si fort en t’épousant

 Il te veut, il te prend, soumise, il faut le dire.

 

 Tu restes ainsi, à sa merci, toute la nuit,

 Tu gardes en toi son meilleur, enfui

 Avant qu’à l’aube, fatigué, il se retire.

 

 Toute la journée, tu te prélasseras,

 Sachant qu’au soir, bien sûr, il reviendra.

 Et tu attends, parce que tu le désires.

 

 

 

 BATEAU

 

 

Il est là, gentiment, au quai amarré.

 Au rythme des marées, montant, descendant,

 Il rêvasse aux beaux voyages d’antan

 Qui l’emmenaient vers de mystérieuses contrées.

 

 Balançant au gré des souvenirs délavés,

 Il rompt, sans savoir, les amarres, un jour couchant

 Et sort du port, mû par une brise, soufflant

 Sur son passé, par habitude, ressassé.

 

 Guidé par la nommée, Etoile du Berger,

 Il laisse les vents favorables, l’emporter

 Vers ces nouveaux rivages tant rêvés.

 

 Le voilà, sur ces eaux complices, voguant,

 Plongeant dans ce corps sans cesse, mouvant

 Allant toujours plus loin dans la nuit étoilée.

  

 

  

 

 

 

 

Par A.Legrand
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